Doha: Mise en garde contre le blocage des négociations

PANA. 8 Decembre 2012: Le principal négociateur pour l’Afrique à Doha met en garde contre le blocage des négociations – Le principal négociateur de l’Afrique, Emmanuel Dlamini, a averti que l’incapacité à trouver un accord pour régir l’action future contre le changement climatique à travers le monde va déboucher sur une perte de crédibilité permanente pour les parties.

La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) a déclaré vendredi, quelques heures avant la clôture de la 18ème Conférence des Parties au Protocole de Kyoto (COP18) à Doha, au Qatar, que la possibilité d’une avancée sur un des points essentiels en jeu semblait de plus en plus incertaine, ce qui ne manquerait pas d’affecter l’Afrique.

‘La véritable crainte, même parmi les délégations des pays développés, est que si les délégations africaines quittent le Qatar sans un véritable signe clair de la part des pays développés, la confiance des pays africains dans tout le processus de négociation sera sérieusement entamée’, selon un communiqué de la CEA qui a cité des experts.

‘Les pays en développement veulent progresser à Doha. Ces pays qui bloquent les négociations sont ceux dont les dirigeants ne tiennent pas leurs engagements en matière de limitation des émissions et de financement de la lutte contre le changement climatique’, a déclaré M. Dlamini, le président du Groupe des négociateurs africains (AGN).

Les dirigeants africains, par la voix du président nouvellement élu de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement africains sur le changement climatique (CAHOSCC), Hailemariam Desalegn, de l’Ethiopie, a insisté sur la nécessité de débloquer les fonds destinés aux risques climatiques.

En s’adressant à ses pairs lundi, Hailemariam s’est fait l’écho de cette nécessité en appelant l’Afrique ‘à s’unir pour encourager les pays riches à spécifier le montant des financements qu’ils comptent mobiliser auprès du secteur public pour le Fonds vert pour le climat (GCF) par an de 2013 à 2019.

‘L’équité est importante dans tous les aspects des négociations sur le climat car on ne peut pas traiter les pays pauvres en particulier ceux d’Afrique de la même manière que les Etats-Unis, les pays de l’Union européenne ou le Japon et le Canada’, a souligné M. Dlamini.

Le Premier ministre éthiopien a rappelé que les pays industrialisés avaient convenu (du moins en principe), de réunir 100 milliards de dollars américains par an d’ici 2020 pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique et à limiter ses effets sur l’Afrique.

‘Ils se sont également engagés, collectivement, à fournir de nouvelles ressources et des fonds supplémentaires; à débloquer un financement accéléré à hauteur de 30 milliards de dollars pour la période 2010-2012’, a-t-il ajouté.

Le rapport de la CEA sur le financement du climat montre que seulement 11 pour cent des fonds fournis tiennent l’engagement des Nations unies sur des financements ‘nouveaux et supplémentaires’ pour lutter contre les risques liés au climat.

Le rapport, publié par le Centre africain de politique climatique (ACPC), affirme qu’il y a plusieurs leçons à tirer du système actuel de financement accéléré, qui était supposé apporter 30 milliards de dollars de ‘nouveaux financements et de fonds supplémentaires’ aux pays en développement et qui était approuvé par la Conférence de Copenhague.

Les experts indiquent que l’échec de ces projets fait planer un nuage d’incertitudes sur les conclusions des négociations sur le climat de Doha.

Le nouveau président de la conférence, Abdullah bin Hamad Al-Attiyah du Qatar, a invité les gouvernements à se concentrer sur les tâches essentielles pour s’assurer que la réunion puisse donner les résultats escomptés et constituer un autre pas en avant dans la riposte mondiale au changement climatique.

Il y a des doutes sur les capacités de l’Etat riche en gaz et en pétrole du Qatar d’agir en tant que médiateur honnête des négociations sur le climat sachant qu’il est le premier responsable mondial des émissions de gaz à effet de serre.

D’autre part, Seyni Nafo, le porte-parole du Groupe africain, a déclaré que l’Afrique n’avait peut être pas tort de dire que les négociations sur le climat ne devaient pas être considérées comme un ‘échec’ avant le dernier jour.

 

Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *