L’UE a mal géré son aide à la RDCongo, selon la Cour des comptes européenne

BRUXELLES, 1 octobre 2013 (AFP) – La Cour des comptes européenne a appelé mardi l’UE à se montrer plus exigeante envers la République démocratique du Congo (RDC) pour éviter l’évaporation des aides financières qui lui sont versées, mais la Commission a défendu son bilan face à ce constat.

En l’état, “l’efficacité du soutien de l’UE à la gouvernance en RDC est limitée”, alors que le pays est l’un des principaux destinataires des fonds européens de développement, avec près de 1,9 milliard d’aides versés entre 2003 et 2011, selon un rapport de la Cour présentée à Bruxelles. L’audit de la Cour a porté sur le soutien financier européen durant cette période à l’organisation des deux élections présidentielles, aux réformes de la justice et police, à la refonte des finances publiques et au processus de décentralisation. “Moins de la moitié des programmes examinés ont produit, ou sont susceptibles de produire la plupart des résultats escomptés. Dans la plupart des cas, il est illusoire de penser que la durabilité sera assurée”, a souligné dans une conférence de presse le rapporteur de la Cour, Hans Gustav Wessberg. L’UE a ainsi financé avant les élections de 2006 un programme de formation d’un millier de policiers, dont, après le scrutin “nous n’avons trouvé aucune trace”, a-t-il cité en exemple. La Cour des comptes, qui a choisi d’étudier le cas congolais comme exemplaire de l’aide européenne au développement, juge que la Commission européenne “n’a pas suffisamment tenu compte” des conditions sur le terrain pour la conception de ses projets, alors qu’elle en avait “une bonne connaissance”. Elle recommande en conséquence que les gestionnaires européens “exploitent mieux la conditionnalité et le dialogue politique”, en posant à leurs partenaires congolais “des conditions précises, appropriées, réalistes et datées”, sous peine de suspension ou d’interruption du financement des programmes concernés.

Le commissaire en charge du développement, Andris Piebalgs, a toutefois défendu le bilan de l’action européenne en RDC, soulignant qu’elle s’était de fait heurtée à de “sérieux obstacles” et que la mise en place d’une gouvernance dans ce pays était “largement partie de zéro”.

Il a également mis en garde contre le fait “qu’user systématiquement de conditionnalité peut être inefficace voire contreproductif” en introduisant envers un “Etat fragile” une incertitude déstabilisante quand au financement de projets.

“Je crois que la coopération de développement a eu un impact positif sur la gouvernance” en RDC, a-t-il relevé cité par un communiqué. Il a aussi jugé “prématuré de tirer des conclusions” sur nombre de projets qui n’en sont encore qu’à leurs débuts.

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